
Nicolas de Tavernost se présentera ce mercredi au matin devant la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat, présidée par Laurent Lafon. Ancien patron du groupe M6 et directeur général de LFP Media depuis peu, il devra s’expliquer sur la stratégie de commercialisation des droits télévisés de la Ligue 1 pour le cycle 2024-2029 — un dossier qui empoisonne la vie du football professionnel français depuis plusieurs mois.
L’appel d’offres initial, calibré autour du milliard d’euros annuel, s’est soldé par un échec. Canal+, beIN Sports et DAZN n’ont pas répondu aux attentes de la Ligue de Football Professionnel, laissant les clubs dans l’incertitude budgétaire. Le spectre du fiasco Mediapro de 2020, qui avait plongé le championnat dans le chaos, plane toujours sur les négociations.
La viabilité de Ligue 1+ en question
Face à cette impasse, la LFP a pris une option radicale : le lancement d’une chaîne dédiée à 100 % à la Ligue 1, distribuée directement via les opérateurs internet et télécoms. C’est précisément ce projet que les sénateurs entendent ausculter. Viabilité économique, modèle d’abonnement, garanties de distribution : Nicolas de Tavernost aura fort à faire pour convaincre. L’objectif minimal fixé par les clubs tourne autour de 700 millions d’euros annuels — loin du milliard initial, mais jugé nécessaire à leur équilibre financier.
L’audition, publique et retransmise en direct sur le site du Sénat, traduit l’inquiétude des parlementaires face à la dévalorisation potentielle du championnat français. Régulation audiovisuelle, financement du sport professionnel, rayonnement du football tricolore : autant de questions qui confèrent à cette séance une portée bien au-delà des seuls résultats du week-end.
Pour Nicolas de Tavernost, c’est un premier grand test public, lui qui a néanmoins annoncé quitter ses fonctions à la fin de la saison.