
Le barrage retour entre l’OGC Nice et l’AS Saint-Étienne se jouera vendredi soir à huis clos à l’Allianz Riviera, mais la mesure la plus spectaculaire ne concerne pas le stade lui-même. Par arrêté signé mercredi, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux a interdit à tout supporter niçois d’accéder à un large périmètre autour du stade et du centre d’entraînement du club, et ce de vendredi midi jusqu’à 2 heures du matin le lendemain.
Le texte vise « toute personne se prévalant de la qualité de supporter de l’OGC Nice, ou se comportant comme tel » — une formulation suffisamment large pour inclure le port du maillot ou tout comportement assimilable à celui d’un fan du club.
Le périmètre interdit englobe plusieurs axes majeurs : le boulevard des Jardiniers, la rue Pancho Gonzalez, l’avenue Gustave Eiffel, l’avenue Auguste Verola, l’avenue Pierre de Coubertin, la rue Jules Bianchi, l’avenue Simone Veil, la rue Alain Mimoun, le boulevard Jean Luciano, l’autoroute A8 et le chemin des Carriers.
Un précédent similaire à Nantes
Dans ce périmètre se trouvent également des commerces sans lien avec le football — terrains de padel, salle de sport, Ikea, Conforama — qui se retrouvent de fait inaccessibles aux supporters niçois pendant la durée de l’arrêté. Engins pyrotechniques, carburants, produits inflammables, banderoles jugées provocatrices et tout objet pouvant servir de projectile sont également prohibés dans la zone.
La décision préfectorale s’appuie sur un historique chargé. La Préfecture cite notamment les tentatives d’affrontements avec des supporters stéphanois en 2024, un déplacement sous tension à Geoffroy-Guichard en 2021, une rixe en 2019, l’envahissement de terrain contre le FC Metz il y a dix jours, des violences en marge de la finale de Coupe de France ayant conduit à 65 gardes à vue, et une intrusion au centre d’entraînement après une défaite contre Lorient en novembre dernier.
La rencontre est classée au niveau 4 par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme, et la Préfecture invoque le plan Vigipirate au niveau « urgence attentat » pour justifier l’impossibilité de déployer davantage de forces mobiles. Un précédent comparable avait été établi à Nantes en 2022, avant un quart de finale de Coupe de France contre Bastia, mais l’arrêté avait été annulé pour illégalité à la suite d’un recours de l’Association nationale des supporters. Le match aller, disputé mardi à Geoffroy-Guichard, s’est conclu sur un 0-0.