
« La forme ? ». Longtemps banale, comme une forme de politesse n’attendant pas vraiment de réponse, la question prend désormais du sens pour une majorité des Français. Parce qu’être en forme n’est plus qu’une simple vision de l’esprit. « Animus Sanus In Corpore Sano ». La croissance des salles de sport et de celles et ceux qui les fréquentent en sont le meilleur témoin.
C’est marché qui ne connaît pas la crise. En France, les réseaux se multiplient et les profils d’investisseurs se diversifient. Mais derrière l’engouement, les réalités financières varient considérablement d’un concept à l’autre.
Pour ouvrir une salle de sport franchisée, il faut déjà se constituer un apport personnel. C’est le premier filtre à la future exploitation. Il s’échelonne de 20 000 euros pour des concepts légers comme Surface Coach ou Just’Fit, studios de coaching ou d’électrostimulation nécessitant peu de surface, jusqu’à 400 000 euros pour One Fitness Club, réseau haut de gamme dont l’investissement global atteint 2 millions d’euros.
Entre les deux, les enseignes les plus répandues se situent dans une fourchette de 70 000 à 150 000 euros d’apport : L’Orange Bleue (70 000 €, 400 implantations), Keepcool (150 000 €, 300 clubs) ou encore FitAccess (80 000 €, modèle ouvert 7j/7), pour quelques-unes d’entre elles.
Un chiffre d’affaires qui dépend souvent du réseau
Le chiffre d’affaires moyen annuel suit logiquement cette hiérarchie. One Fitness Club affiche 1,5 million d’euros, Neoness 1,2 million, tandis que les concepts de proximité comme L’Orange Bleue (350 000 €) ou FitAccess (300 000 €) génèrent des volumes plus modestes, cohérents avec des investissements initiaux plus contenus. Vita Liberté, salle de proximité avec seulement 120 000 euros d’investissement global et 30 000 euros d’apport, revendique un chiffre d’affaires moyen de 317 000 euros annuels.
Le marché s’est profondément restructuré autour de segments distincts. Le low-cost avec accès 24h/24 mise sur le volume d’adhérents et des coûts opérationnels réduits. Le premium, incarné par One Fitness Club ou The Sanctuary Group (180 000 € d’apport), joue la carte de l’expérience et d’un panier moyen élevé. L’électrostimulation — Iron Bodyfit (35 000 € d’apport, 166 implantations), BodyHit (35 000 €, 100 studios) ou MyoTec (20 000 €, 50 implantations) — s’appuie sur des séances courtes et des surfaces réduites pour une rentabilité au mètre carré optimisée.
A noter que Basic-Fit qui se revendique le numéro un en France avec « un Français sur quatre qui va en salle de sport [qui] fréquente Basic-Fit », selon les propos rapportés à Sportune par Fabien Rouget, le porte-parole en France de la marque, ne se décline pas en franchise. Le groupe est le seul exploitant des quelques 875 clubs de l’Hexagone, aux dernières données de l’été 2025.

Sans apport, quelles possibilités ?
Reste la question la plus récurrente : peut-on quand même se lancer sans apport ? Sans épargne personnelle, le parcours est semé d’obstacles : les banques exigent généralement un apport représentant 20 à 30 % de l’investissement total. Des dispositifs existent néanmoins — prêt d’honneur à taux zéro via Initiative France ou Réseau Entreprendre (jusqu’à 90 000 €), ARCE pour les demandeurs d’emploi, ou encore des montages spécifiques proposés par certaines enseignes associant un investisseur temporaire au capital. Certains réseaux ont par ailleurs structuré des solutions de financement dédiées pour faciliter l’accès à la franchise à des profils sans apport suffisant.
Dans tous les cas, l’emplacement reste le facteur déterminant de la réussite, quel que soit le concept retenu.