
Prise de façon froide, l’information pique a minima la curiosité. Pour ne pas dire qu’elle alerte. Selon une note du BODAC, le répertoire de publication des actes consignés au registre national des entreprises, le Paris FC a, pour la somme de 3 659 004 euros, « cédé » l’équipe féminine, depuis l’association vers la SASP, sa structure professionnelle. Formulé autrement, le Paris FC a investi plus de 3 millions pour racheter sa propre équipe. Surprenant ? Certes. Mais en définitive, imprécis.
Placer les filles au même niveau que les garçons
Car de cession, il n’est pas véritablement question, et ces 3 millions ne sont pas la valorisation estimée de l’équipe, mais son coût généré jusqu’alors par l’association, que va donc désormais assumer la SASP. « Nous venons de rectifier une anomalie d’organisation comptable, en rapatriant les filles au sein de la SASP« , confirme à Sportune, le directeur général du PFC, Jean-Marc Gallot, que nous avons sollicité pour comprendre. Il précise : « S’il y a bien un signal qui est envoyé avec cette cession interne, c’est justement que nous renforçons plus que jamais l’aspect mixité du Paris FC, garçons et filles. »
L’opération vise donc à accompagner, renforcer et professionnaliser un peu plus la section féminine, déjà considérée comme la troisième force vive de la discipline en France, derrière le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais, devenu OL Lyonnes. A propos d’ailleurs, du rebranding des Fenottes, comme de celui opéré plus récemment par l’Olympique de Marseille avec Les Marseillaises, l’idée n’est pas à l’ordre du jour au club francilien.
Il n’est par contre pas à exclure, comme le souhaite notamment l’équipe phocéenne, d’ouvrir le capital à d’autres investisseurs. « Si un jour il y a des gens qui viennent pour nous permettre d’accélérer encore plus fort sur le Paris FC féminin… », confirme le DG du club en insistant à nouveau : la section, « ne sera jamais séparée de celle des garçons ».
La Ligue des champions d’ici dix ans ?
Plus de professionnalisation, une ouverture possible aux capitaux extérieurs, un nouvel actionnariat (la famille Arnault, soutenue par le groupe Red Bull à part minoritaire), qui montre de l’ambition… Tout cela visant à quoi avec les filles du PFC ? « A continuer de nous développer. Et comme pour tout le reste du projet, en le faisant de manière raisonnable, mais avec une ambition et une détermination qui font qu’un de ces jours, nous y serons. » Y être à quoi ? Au Graal ultime d’une Ligue des champions ? Car à la différence des garçons, qui sont encore dans l’apprentissage de l’élite, les filles du Paris FC sont, elles, régulièrement conviées à jouer sur la grande scène européenne.
Fidèle aux discours de stratégie défendus depuis le premier jour, Jean-Marc Gallot l’exprime avec une prudence teintée d’envie et d’espoir : « Ça serait un peu gonflé d’y prétendre aujourd’hui, mais que dans les dix prochaines années, le Paris FC puisse jouer la victoire en Ligue des Champions, oui. » Prenons déjà date…