
C’est le dossier central du moment à la gouvernance de l’Olympique de Marseille que celui qui concerne la succession de Pablo Longoria à la présidence du club. Le recrutement est en cours mené par une agence spécialisée en relation étroite et évidente avec l’actionnaire Frank McCourt. Lequel dit, dans le JDD, viser un profil de « président fort qui représente le propriétaire », un « manager d’envergure, expérimenté », « qui connaît bien la France » et idéalement « Marseille ».
C’est peu et beaucoup à la fois, car la sélection est large et les profils pas forcément très nombreux. Nous en avons envisagé cinq, issus directement ou indirectement du monde sportif, mais qui ont tous en commun de connaître le monde de l’entreprise, de la pression inhérente, du management et, pour la majorité, du monde du football et de ses spécificités. C’est évidemment sans savoir s’ils sont seulement intéressés par le poste, ni si l’Olympique de Marseille les a cochés sur la liste.
1. Cyril Linette
Il a multiplié les expériences professionnelles ces dernières années et toutes n’ont pas été couronnées de succès, à l’exemple récent de son départ contraint de la direction générale du Cojop Alpes 2030, en conséquence de « désaccords insurmontables » avec son ex-président, Edgar Grospiron. De Canal+ à L’Équipe, en passant par le PMU, il a aussi tenté sa chance à la présidence de la Ligue nationale de football, mais il s’est incliné face à Vincent Labrune. Un ancien président de l’Olympique de Marseille, justement.
2. Stéphane Richard
Il est de cinq, celui qui n’a aucune expérience sportive au sens managérial du terme. Mais l’ex patron du groupe Orange a d’autres qualités et d’abord celle de la gestion des équipes (il a dirigé des milliers d’employés) et de la gestion des situations de crise. Il a le profil idoine pour être le relais entre les instances (LFP, UEFA) d’un côté, les pouvoirs publics de l’autre et l’environnement de l’OM, en particulier du dialogue avec les supporters.
3. Frédéric Thiriez
Il a quitté le football en même temps que la présidence de la LFP, en 2016, pour revenir à ses premiers amours d’avocat. Dix ans, c’est beaucoup, mais avec quatorze années de gouvernance du foot professionnel français, il est celui qui a occupé le plus longtemps le rôle sous la version moderne de la ligue. S’il n’est pas véritablement ancré dans le contexte marseillais il a pour lui la connaissance institutionnelle, sa capacité à fédérer et l’expérience de la gestion économique et sportive.
4. Jean-Claude Blanc
Il coche beaucoup de cases, mais souffre de gros écueils. En commençant par les liens qui l’unissent au Paris Saint-Germain qu’il a fréquenté pendant douze ans avec un poids de plus en plus fort sur la direction, jusqu’à devenir le numéro 2 derrière le président Nasser al-Khelaïfi. Ancien cadre dirigeant de la Juventus Turin, de la Fédération française de tennis et avant d’ASO, il est depuis 2023 un électron libre du groupe Ineos qu’il conseille dans toutes ses activités sportives. L’en déloger paraît bien compliqué, sinon impossible.
5. Arsene Wenger
Last but not least et probablement le moins accessible : l’Alsacien Arsene Wenger. Il a probablement le profil qui coche le plus de cases dans l’absolu, tant par son expertise technique que par son aura de bâtisseur. Pendant 22 longues années au service d’Arsenal FC, il a été le parfait symbole du dépassement de fonction : d’abord coach puis manager, il a largement contribué à l’essor sportif et structurel des Gunners, de la formation à l’élite. Il a aussi montré toute sa capacité à gérer la pression médiatique ou environnementale, il connait le football sur le bout des doigts, la seule évocation de son nom est de nature à satisfaire n’importe quel amateur de football. Le hic, c’est qu’il occupe actuellement un poste de directeur du développement du football mondial à la FIFA et qu’à 76 ans, il ne s’imagine probablement pas ailleurs.