
Le Boavista vit des heures particulièrement sombres. Tel que le rapporte la presse nationale portugais, le média sportif A Bola, ou le quotidien Jornal de Notícias, dans un document soumis ce mois au Tribunal de commerce de Vila Nova de Gaia, l’administratrice d’insolvabilité Maria Clarisse Barros a exposé la situation critique du club portugais : faute d’avoir respecté les délais fixés lors de l’assemblée des créanciers, la direction du club s’exposait à une procédure de fermeture définitive de ses installations et à l’arrêt de l’ensemble de ses activités, y compris ses sections amateurs.
Les montants en jeu étaient pourtant loin d’être astronomiques : environ 53 680 euros mensuels pour couvrir les dépenses courantes de janvier et février 2026, ainsi qu’une échéance de 96 000 euros destinée à régulariser des dettes antérieures. Des sommes que la direction s’est révélée incapable de réunir dans les temps, poussant l’administratrice à envisager la fermeture des portes.
Gérard Lopez garantit le financement
C’est Gérard Lopez, actionnaire majoritaire de la société sportive (SAD), qui a évité le pire. Son avocate a contacté l’administratrice pour l’informer que l’homme d’affaires souhaitait prendre en charge le financement des dépenses courantes sous forme de donations mensuelles, estimées entre 50 000 et 55 000 euros. Le versement de février — 54 180 euros — a bien été effectué, permettant de suspendre la procédure de fermeture. L’administratrice a justifié cette décision en soulignant que maintenir le club en activité offrait une meilleure visibilité au complexe sportif, dont la vente des actifs immobiliers est par ailleurs en cours d’instruction.
La conséquence directe de cette crise a été l’éviction du président Rui Garrido Pereira. Depuis le 18 février, l’administratrice d’insolvabilité a officiellement mis fin à la collaboration avec la direction, prenant seule les rênes opérationnelles du club. Elle sera chargée de désigner un nouveau responsable de la gestion, sous réserve de validation par la commission des créanciers.
Si la fermeture immédiate est donc écartée, la situation du Boavista reste suspendue à un financement de survie, fragile par nature. Restructuration de la dette, modèle économique viable, clarification de la gouvernance : le chemin vers une stabilité durable s’annonce encore long pour le club.