
Eagle Football Group, le fonds propriétaire de l’Olympique Lyonnais, a publié les comptes de son premier semestre de la saison 2025-2026 arrêtés au 31 décembre 2025. Son résultat net demeure déficitaire à hauteur 186,5 millions d’euros de pertes sur la période, contre -117 millions d’euros un an plus tôt. Soit une dégradation de près de 70 millions d’euros en un an.
Sur les 163,7 millions de pertes opérationnelles, la grande majorité ne correspond pas à des sorties d’argent réelles mais à des provisions comptables. En clair, l’Olympique Lyonnais a « rayé » de ses livres de comptes 126 millions d’euros de créances qu’il estime aujourd’hui perdues — 40 millions que lui devait Eagle Bidco, son actionnaire majoritaire désormais en faillite, et 86 millions liés au club brésilien Botafogo.
Sans ces corrections purement comptables, la perte réelle sur l’activité du club serait de 37,5 millions d’euros — toujours significative, mais en nette amélioration par rapport à l’an dernier. Le club a d’ailleurs réduit drastiquement ses dépenses : la masse salariale a baissé de près de 39 millions en un an, ce qui rapproche le club de l’équilibre sur son activité courante.
Côté revenus, le club gagne légèrement plus qu’un an plus tôt, grâce notamment aux ventes de joueurs, en hausse de 30 %. Mais il encaisse moins sur tout le reste : les droits TV ont diminué suite à la rupture du contrat entre la Ligue 1 et DAZN, et le Groupama Stadium a généré beaucoup moins de recettes événementielles — l’été 2024 avait été exceptionnel avec les Jeux Olympiques, l’été 2025 s’est résumé à un concert.
L’OL cumule 616 millions d’euros de dettes
La situation financière globale reste très tendue. Le club cumule 616 millions d’euros de dettes et ses fonds propres sont dans le rouge. S’ajoute à cela une mauvaise surprise : des garanties financières signées à l’époque de John Textor au nom de l’OL — pour couvrir des dettes de Botafogo et de Molenbeek — ont été récemment découvertes par la direction actuelle, qui dit ne pas en avoir eu connaissance et en conteste la validité.
Pour éviter une mise sous tutelle par la DNCG ou une sanction de l’UEFA, un repreneur doit être trouvé avant la fin de la saison. Un groupe d’administrateurs indépendants pilote ce dossier. Parmi les candidats au rachat figure notamment un consortium impliquant des fonds d’investissement Ares Capital. Sportivement, l’Olympique Lyonnais est quatrième de Ligue 1, ce qui lui ouvrirait la voie d’un barrage pour accéder à la Ligue des champions — un argument non négligeable dans les négociations en cours.