On a parlé business avec… Martin Fourcade

29 mars 2012 à 13:23 par Palissarde

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Martin Fourcade - @Iconsport

Martin Fourcade - @Iconsport

4 titres de champion du monde, 4 Globe de Cristal et 14 victoires en Coupe du monde… C’est l’impressionnant palmarès du biathlète français, Martin Fourcade. Alors forcément, quand un tel champion propose de bruncher avec Sportune à l’initiative de son équipementier, Adidas, on répond à l’invitation plutôt 3 fois qu’une. L’occasion de revenir avec lui sur son business. Pendant près de deux heures, autour d’un plat de charcuterie et un jus de fruit, il a répondu à nos questions sans aucun tabou…

Martin Fourcade compare les audiences du foot et du biathlon…

Certes, à 23 ans, Martin Fourcade ne figure pas parmi les sportifs français les mieux payés. Mais le biathlète l’admet volontiers, il est loin d’être à plaindre et n’a jamais vraiment eu de problèmes pour se vendre. « Quand on dit que le biathlon est un sport peu médiatisé, je ne suis pas d’accord. Il l’est peut-être peu en France. Mais ce n’est pas le cas dans d’autres pays. En Allemagne, le biathlon fait les 2e plus grosses audiences du sport à la télé. Pour les derniers Mondiaux, il y avait près de 9 millions de téléspectateurs par jour ». Un chiffre qui explose, par exemple, l’audience française d’un OM – Bayern Munich en Ligue des Champions diffusé mercredi soir sur TF1 (5,6 millions de téléspectateurs).

Martin Fourcade et ses sponsors…

Une visibilité internationale qui permet aujourd’hui à Martin Fourcade de faire le tri entre les sponsors qui lui plaisent. Ou pas… « Je pourrais en avoir plus, mais mon principal frein, c’est le temps. On m’a, par exemple, proposé de participer à une course qui se dispute bientôt en Russie. Ils mettaient beaucoup d’argent sur la table. Ca tombait pendant mes vacances, alors j’ai refusé. » Le champion français dispose aujourd’hui de 5-6 partenaires techniques (pour ses lunettes, ses bâtons, ses skis, ses chaussures ou encore ses gants) comme par exemple Adidas. Ils l’aident à optimiser ses performances en compétition. « Avec eux, je privilégie la qualité. Mon but est avant tout sportif. » A cela s’ajoutent 4-5 partenaires financiers, comme Somfy, ou encore GDF-Suez. « Ils m’offrent une soutien financier, mais aussi logistique. Je choisis des partenaires qui correspondent à mon image. Un partenariat, c’est un échange. Ce n’est pas qu’un chèque. »

Martin Fourcade nous présente son Globe de Cristal - @adidas

Martin Fourcade nous présente son Globe de Cristal - @adidas

Martin Fourcade et son salaire de l’Armée de Terre

Comme beaucoup de sportifs de très haut niveau, Martin Fourcade est aussi employé par l’armée de terre. Un contrat qui lui rapporte un salaire de 1400 euros par mois (l’athlète touche la majorité de ses revenus de ses primes de course et de ses sponsors). En contre-partie, il offre 5 à 10 jours de son temps par an et est soumis à quelques contraintes. « Je n’ai par exemple pas le droit de faire grève », détaille-t-il. L’épisode du bus de Knysna au Mondial de foot 2010, cela n’existera donc jamais avec notre biathlète. « J’ai aussi un devoir de réserve politique. Ca me va bien. Je sais que des sportifs prennent partie (voir par exemple les sportifs qui soutiennent François Hollande pour la Présidentielle 2012 ou encore ceux qui soutiennent Nicolas Sarkozy), mais je ne me vois pas dans ce rôle. »

Martin Fourcade et les agents…

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Côté pratique, pour gérer ses affaires, Martin Fourcade n’a pas d’agent. Non pas qu’il ne pourrait pas se le payer, c’est simplement qu’il préfère s’occuper de cela tout seul et que dans son sport, il n’en voit pas le besoin. « Il n’aurait pas une charge de travail suffisante. J’ai aussi du mal à faire confiance à quelqu’un pour gérer mon argent. Les contrats, je les ai, je n’en recherche pas forcément plus. Et puis, je ne me verrais pas dire à un sponsor: « Voyez avec mon agent. » Je ne suis pas le seul dans ce cas. Prenez Bjorndalen, le biathlète le mieux payé au monde. Il est comme moi, il n’a pas d’agent. »

Martin Fourcade et Facebook…

Dans la même logique, Martin Fourcade gère également seul sa communication sur Internet. Il a participé à la création de son site web et s’occupe comme un grand de sa page Facebook. « Je ne supporte pas les pages officielles que les sportifs ne tiennent pas eux-mêmes (sur le sujet, lire notre interview du community manager des pages officiels de certains joueurs du PSG). L’athlète doit prendre la main là-dessus. En tout cas, c’est mon avis. Cela fait partie de mon métier. » Le champion français met à jour son statut de façon quotidienne. « Après une course, je poste parfois avant même d’avoir appelé ma copine. Je me fais souvent engueuler. Elle me dit: « Tu préfère Facebook à moi. Crédité de 6 000 fans en février dernier, Martin Fourcade s’était, à l’époque, donné pour objectif d’atteindre les 10 000 en fin de saison. Mission accomplie, la page Facebook de Martin Fourcade dispose aujourd’hui de plus de 11 000 fans. « Je regarde à fond les statistiques. 32% de mes fans sont des filles de Moscou âgés de 18 à 24 ans… Je suis les commentaires et je réponds aussi souvent. » Martin Fourcade, le genre de sportif qu’on aimerait rencontre plus souvent…

 


One Response to On a parlé business avec… Martin Fourcade

  1. Simploturf says:

    Un Sportif de haut niveau, sympathique et simple, que j’ai eu l’occasion de croiser.

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